La France insoumise est un mouvement lancé le 10 février 2016 pour soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon ; il est coordonné par Manuel Bompard. Jean-Luc Mélenchon a obtenu 21,95 % des suffrages exprimés au premier tour de la présidentielle 2022 (Conseil constitutionnel) et la liste conduite par Manon Aubry 9,89 % aux européennes de 2024. Membre du Nouveau Front populaire aux législatives de 2024, LFI compte 70 députés dans le groupe LFI-NFP (novembre 2026, selon Datan). Une nouvelle édition de son programme, « L'Avenir en commun », est parue en librairie le 6 novembre 2026. Jean-Luc Mélenchon a été condamné en 2019 à une peine d'emprisonnement avec sursis pour rébellion et provocation ; voir le détail de la candidature.
Comment il se définit
Le mouvement se présente comme lancé « hors cadre de parti » et appelle de ses vœux une « Révolution citoyenne », qui suppose une « réappropriation massive de la chose politique par le peuple » ; son programme « L'Avenir en commun » porte notamment une 6e République et la planification écologique.
Comment on le classe
Gauche radicale (la plupart des politistes ; « gauche populiste » pour certains ; bloc « extrême gauche » du nuancier du ministère de l'Intérieur depuis les municipales de 2026, rattachement jugé sans erreur manifeste par le Conseil d'État le 27 février 2026 ; LFI récuse l'étiquette « extrême gauche »)
Les politistes le classent à la gauche radicale, certains l'associant au « populisme de gauche ».
Pour les municipales de 2026, le nuancier du ministère de l'Intérieur l'a rattaché au bloc « extrême gauche » (il figurait auparavant dans le bloc « gauche ») ; le Conseil d'État a jugé ce rattachement sans erreur manifeste d'appréciation le 27 février 2026, sans qualifier politiquement le mouvement. LFI récuse cette étiquette.
Les étiquettes viennent de la presse de référence, des politistes et du ministère de l'Intérieur ; chaque parti peut les contester. Le même traitement s'applique à tous.
Pourquoi ce parti a été créé
La France insoumise est l'aboutissement d'une lignée ouverte par Jean-Luc Mélenchon en novembre 2008 : après le congrès de Reims, il quitte le PS avec le député Marc Dolez et lance le Parti de gauche (PG), sur le modèle allemand de Die Linke d'Oskar Lafontaine, officiellement fondé début 2009. Le PG s'allie la même année au PCF dans le Front de gauche, dont Mélenchon est le candidat à la présidentielle de 2012 (11,1 %). Après le revers des européennes de 2014, il théorise dans L'Ère du peuple (2014) un appel au « peuple » plutôt qu'aux partis ; le 10 février 2016, sur TF1, il propose sa candidature à la présidentielle de 2017 « hors cadre de partis » et sans primaire, rompant avec la logique de cartel du Front de gauche, et lance à cette occasion le mouvement La France insoumise pour la porter.
Fondateurs et figures
Fondateur (2016) et candidat à la présidentielle en 2017 (19,58 %) et 2022 (21,95 %) ; candidat déclaré pour 2027
Né à Tanger en 1951, il milite dans les années 1970 à Besançon à l'Organisation communiste internationaliste (OCI), groupe trotskiste de tendance lambertiste, puis adhère en 1977 au PS, dans son aile gauche. Sénateur de l'Essonne (1986-2010) et ministre délégué à l'Enseignement professionnel du gouvernement Jospin (2000-2002), il anime les courants de gauche du PS avant de le quitter en novembre 2008 pour fonder le Parti de gauche.
Coordinateur national (2017-2019, puis depuis décembre 2022) ; directeur des campagnes présidentielles de 2017 et 2022
Ingénieur et docteur en mathématiques appliquées, il est membre fondateur du Parti de gauche en 2009 et secrétaire national à partir de 2010. Député européen (2019-2022) puis député des Bouches-du-Rhône depuis 2022, il prend la tête de la direction collégiale présentée le 10 décembre 2022, désignée sans vote des adhérents.
Député de Seine-Saint-Denis depuis 2017, président de la commission des finances de l'Assemblée depuis 2022
Militant de la Ligue communiste révolutionnaire (trotskiste) jusqu'en 1998, il passe brièvement par le Mouvement républicain et citoyen de Jean-Pierre Chevènement puis fonde en 2003 le Mouvement pour une alternative républicaine et sociale (MARS). Cofondateur du Parti de gauche avec Jean-Luc Mélenchon en 2008, il en devient coordinateur et secrétaire national.
Coordinateur du mouvement (juin 2019 - septembre 2022), député du Nord (2017-2024)
Engagé à 16 ans contre le contrat première embauche, il adhère au Parti de gauche en 2013. Il se retire de la coordination en septembre 2022 après des accusations de violences portées par son épouse ; le 13 décembre 2022, il est condamné par le tribunal de Lille, dans le cadre d'une procédure de plaider-coupable, à quatre mois d'emprisonnement avec sursis pour violences conjugales, puis suspendu quatre mois du groupe LFI. Investi par LFI en 2024 hors accord du Nouveau Front populaire, il retire sa candidature.
Député de la Somme depuis 2017, membre du groupe LFI jusqu'en 2024
Journaliste, fondateur du journal Fakir et réalisateur du documentaire « Merci patron ! » (2016), il est élu en 2017 sous l'étiquette Picardie debout et siège avec le groupe insoumis tout en marquant des désaccords. Il rompt avec LFI et Jean-Luc Mélenchon en 2024, quitte le groupe et rejoint le groupe écologiste ; son mouvement devient Debout ! en 2025.
Repères
10/02/2016
Lancement de La France insoumise pour soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle de 2017.
23/04/2017
Présidentielle : Jean-Luc Mélenchon arrive 4e du premier tour avec 19,58 % des suffrages exprimés (7 059 951 voix).
06/2017
Législatives : 17 députés insoumis élus, qui forment un groupe à l'Assemblée nationale.
10/04/2022
Présidentielle : Jean-Luc Mélenchon arrive 3e du premier tour avec 21,95 % des suffrages exprimés.
05/2022
Accord de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES) avec EELV, le PCF et le PS ; aux législatives de juin, LFI devient la première force de gauche à l'Assemblée.
09/06/2024
Européennes : la liste conduite par Manon Aubry obtient 9,89 % des suffrages exprimés (contre 6,31 % en 2019).
07/07/2024
Législatives anticipées : LFI concourt au sein du Nouveau Front populaire, arrivé en tête en nombre de sièges ; le groupe LFI compte 72 députés à l'ouverture de la législature, et des députés en rupture fondent L'Après.
Courants de pensée
Une partie des chercheurs et de la presse décrit LFI comme un « populisme de gauche » : Jean-Luc Mélenchon s'inspire explicitement de la théorie d'Ernesto Laclau et Chantal Mouffe et de l'exemple de Podemos, et retourne la connotation négative du mot « populisme ». D'autres chercheurs jugent cette notion peu éclairante.
Le mouvement revendique une « révolution citoyenne » et une Assemblée constituante pour une 6e République ; dans L'Ère du peuple (Fayard, 2014), Mélenchon définit le « peuple » comme la « multitude urbaine » prenant conscience d'elle-même, plutôt que la seule classe ouvrière, un choix que des commentateurs jugent peu défini.
L'écosocialisme et la « planification écologique » sont revendiqués depuis le Parti de gauche : dès 2008, Mélenchon fait de la planification un marqueur, présenté comme une synthèse de Jaurès et de l'écologie politique ; le PG adopte en décembre 2012 un « Manifeste pour l'écosocialisme », réédité depuis.
Depuis la campagne de 2022, Mélenchon reprend la notion de « créolisation » du poète martiniquais Édouard Glissant, qu'il présente comme un « fait » et non un programme (« Nous sommes tous créoles ») et oppose aux thèses de l'assimilation.
Après le cartel de partis du Front de gauche (2009-2016), le mouvement se construit en 2016 « hors cadre de partis » et sans primaire, avant de revenir à des alliances électorales avec le PS, les écologistes et le PCF au sein de la NUPES (2022) puis du Nouveau Front populaire (2024).
Fiche vérifiée en entier le 3 novembre 2026 ; depuis, seuls les éléments modifiés ont été revérifiés (mise à jour le 8 novembre 2026). Voir le journal des corrections